Retirer d’anciens joints de carrelage en ciment est à la portée d’un bricoleur patient, que le carrelage repose sur une dalle classique ou sur une dalle traitée comme dans notre guide pour isoler une dalle béton en rénovation. Le principe tient en trois gestes : gratter le joint ciment sur environ deux tiers de son épaisseur, finir à la main près des bords des carreaux, puis aspirer toute la poussière avant le rejointoiement. Le reste dépend surtout de l’outil choisi et du soin apporté à la protection des surfaces.
Quel outil choisir pour enlever des joints de carrelage en ciment ?
Le bon outil dépend de la surface à traiter, de la largeur des joints et de votre aisance. Le tableau ci-dessous compare les principales options pour retirer un joint de carrelage durci.
| Méthode | Efficacité | Risque pour les carreaux | Durée (ordre de grandeur) |
|---|---|---|---|
| Grattoir à joints manuel | Moyenne, très bon contrôle | Faible | 45 min à 1 h 30 par m² |
| Multi-outil oscillant avec lame carbure | Élevée | Modéré si la lame dévie | 20 à 40 min par m² |
| Meuleuse avec disque à joints | Très élevée | Élevé (rayures, éclats) | 10 à 20 min par m² |
| Ramollissement (vapeur, produit) | Variable selon l’état du joint | Faible à modéré | 30 min d’action, puis grattage |
Pour une salle de bains ou un plan de travail, le racloir manuel reste le plus sûr, d’autant qu’il se combine bien avec un cutter pour les angles, une précaution utile si vous envisagez ensuite une peinture sur carrelage de salle de bain. Sur un sol de 15 m², le multi-outil oscillant fait gagner des heures. La meuleuse est réservée aux joints larges et aux carreaux épais, par des mains déjà habituées à l’outil.
Comment enlever les joints de carrelage en ciment étape par étape
Préparer le chantier et gratter les joints
Commencez par vérifier que les carreaux sont bien fixés : un carreau qui sonne creux ou qui bouge risque de se décoller pendant l’opération. Protégez ensuite ce qui l’entoure avec du ruban de masquage (baignoire, meubles, plinthes) et couvrez les zones sensibles à la poussière. Enfilez des lunettes de protection, des gants et un masque anti-poussière, car la poussière de ciment est irritante pour les voies respiratoires. Aérez la pièce pendant tout le chantier.
Travaillez ensuite joint par joint. Avec le grattoir à joints, tirez vers vous en gardant la lame bien dans l’axe du joint, sans appuyer sur le bord du carreau. Avec un multi-outil oscillant, utilisez une lame carbure de largeur légèrement inférieure à celle du joint et avancez lentement, sans forcer. Visez une profondeur d’environ 2/3 de l’épaisseur : en dessous, le nouveau mortier n’accroche pas assez, et trop profond, vous risquez d’atteindre la colle.
Joint ciment ou époxy : le test de la pointe
Avant de vous lancer, grattez un coin discret avec la pointe d’un tournevis. Un joint ciment s’effrite en poudre ou en petits grains. Un joint époxy reste lisse, se raye à peine et résiste beaucoup plus à l’outil : il demande une lame spécifique et plus de patience. Ce test sur zone discrète évite de choisir la mauvaise méthode dès le départ.
Aspirer, nettoyer et préparer les joints avant rejointoiement
Une fois les joints creusés, passez l’aspirateur sur toute la surface, en insistant dans les rainures. Un aspirateur à filtre fin (type HEPA) retient mieux la poussière de ciment qu’un modèle classique. Repassez avec une lame de cutter ou un petit racloir pour dégager les résidus restés collés sur les flancs des carreaux.
Essuyez ensuite avec une éponge humide bien essorée, sans détremper le support. Les rainures doivent être propres, nettes et sèches avant d’appliquer le nouveau mortier. Si un joint est resté très profond ou si le support est poreux, humidifiez légèrement la rainure juste avant le rejointoiement pour éviter que le mortier sèche trop vite.
Voici les éléments à réunir avant de commencer :
- un grattoir à joints ou un multi-outil oscillant avec lame carbure
- un cutter ou un petit racloir pour les finitions
- un aspirateur, une éponge et un chiffon humide
- du ruban de masquage, des gants, des lunettes de protection et un masque
- le mortier de rejointoiement et un outil de remplissage
Enlever les joints sans gratter : produits, vapeur et astuces naturelles

Certains joints de carrelage ne sont pas à remplacer mais simplement encrassés ou voilés par de la laitance. Dans ce cas, un nettoyage suffit parfois. Un mélange de vinaigre blanc ou d’acide citrique dilué dans l’eau aide à dissoudre un voile de ciment léger, à condition de ne pas laisser agir plus de quelques minutes et de rincer abondamment ensuite.
La vapeur est une autre piste : elle ramollit la saleté incrustée et les joints fragilisés, ce qui facilite ensuite le passage du racloir. Un décapeur thermique est déconseillé sur la plupart des carrelages, car la chaleur concentrée peut faire craqueler l’émail. Quel que soit le produit choisi, faites d’abord un test sur zone discrète et gardez à l’esprit que ces méthodes ne remplacent pas le grattage quand le joint est friable, fissuré ou moisi en profondeur.
Les erreurs à éviter pour ne pas abîmer les carreaux
La première erreur est d’appuyer trop fort avec un outil électrique. Une lame qui glisse sur l’émail laisse des rayures irréversibles, et une meuleuse mal tenue peut ébrécher un angle en une seconde. Mieux vaut travailler en plusieurs passes légères et garder un grattoir manuel pour les bords.
La deuxième concerne les produits. N’utilisez jamais de l’acide chlorhydrique pur sur un carrelage ancien : il attaque le ciment, mais aussi l’émail, les joints voisins et parfois le métal des siphons. Si vous recourez à un acide, diluez-le, portez des gants, rincez abondamment et neutralisez la zone à l’eau claire.
Dernière erreur courante : bâcler la préparation. Laisser de la poussière dans les rainures ou gratter trop peu profondément empêche le nouveau mortier d’adhérer. Il se fissure alors en quelques mois, et le chantier est à refaire.
FAQ : durée, profondeur de grattage et rejointoiement

Combien de temps faut-il pour enlever des joints de carrelage ?
Comptez en moyenne une à deux heures par mètre carré à la main, et nettement moins avec un multi-outil oscillant. La durée varie selon la dureté du joint ciment, sa largeur et le nombre d’angles à traiter. Pour un sol entier, prévoyez une journée pour le grattage et l’aspiration, et une seconde pour le rejointoiement.
Jusqu’à quelle profondeur faut-il gratter ?
Environ deux tiers de l’épaisseur du joint, soit généralement 3 à 5 mm pour un carreau courant. Cette profondeur laisse assez de place au nouveau mortier pour bien accrocher, tout en préservant la couche de fond qui assure la tenue du carrelage (à ne pas confondre avec le joint de dilatation d’une dalle béton, soumis à des règles DTU bien différentes).
Peut-on rejointoyer par-dessus un ancien joint ?
Seulement si l’ancien joint est sain, bien accroché et propre. Sur un joint fissuré, friable ou moisi, le nouveau mortier se détache vite. Il faut donc retirer l’ancien joint, aspirer soigneusement les rainures, puis appliquer un mortier adapté à la pièce (étanche pour une douche, par exemple) en respectant les temps de séchage indiqués par le fabricant.
Faut-il rincer après le grattage ?
Un simple passage d’éponge humide suffit après l’aspiration quand vous avez travaillé à sec. Un rinçage plus abondant n’est nécessaire qu’après l’usage d’un produit acide, pour stopper son action et éviter qu’il continue d’attaquer le carrelage.





